2022-09-07 Sortie forêt alluviale de Chadieu.
La rivière se nomme ALLIER .Elle prend sa source au MOURE DE LA GARDILLE Son cours fait 410kms de long et conflue avec la Loire au bec d’Allier (vers Nevers)
Elle a un débit inconstant, avec des crues qui peuvent être soudaines et ravageuses (crue de 1866:8m40) et qui modifient son parcours parmi les alluvions. Ceci du fait de l’érosion latérale et longitudinale.
La vallée accueille les lits mineurs et majeurs de la rivière.
Sur ses berges une forêt dite ripisylve se développe. Elle occupe l’espace qualifié de Zone Inondable. Donc elle a les pieds dans l’eau (ou plutôt les racines...)
Cette eau vient :
1- de la nappe phréatique
2- du ruissellement venant des terrasses supérieures souvent cultivées
Cette forêt est essentiellement constituée de feuillus.
- Au plus haut on trouve les frênes, chênes pédonculés, peupliers noirs
- Près de la berge: peupliers blancs, saules blancs
- Entre les deux, on trouve les faux acacias, tilleuls etc...
(tous ces arbres atteignent des grandes tailles)
On trouve également des arbustes tels que cornouillers, sanguins, aubépines
-sur les berges on peut voir les renouées du Japon, et quelques balsamines de l’Himalaya.
Les fruits juteux des arbustes nourrissent les oiseaux migrateurs.
Ainsi nous étions 17 à vouloir connaitre cette forêt ripisylve et ses habitants.
Après avoir dit que le site de Chadieu avait été choisi à la visite parce qu’il est dédié à la conservation et la protection du peuplier noir (populus nigra), qui est génétiquement menacé.
Après avoir marché dans la forêt jusqu’à l’échelle des crues (surtout 1866), nous essayons grâce à Christiane Raynaud de reconnaître les essences d’arbres par leurs feuilles.
Sur les berges de l’Allier, nous évoquons la Battellerie et le peuple de la rivière, ainsi que l’importance économique de cette «route qui bouge», voie commerciale jusqu’en 1850.
Nous en profitons pour parler du monde aquatique:
· Libellules ( galoptery vierge, aunax empereur )
· Poissons :
- sédentaires tels que gardons, vairons, goujons mais aussi carnassiers tels que les brochets et les sandres
- migrateurs tels que saumons, aloses, lamproies, lottes Fluviatiles.
· Batraciens tels que les grenouilles
· Reptiles: couleuvres à collier, quelques rares vipères
Près d’un peuplier décomposé, nous parlons des larves qui se nourrissent de bois en décomposition :
- larve de la rhagie mordante (dans le bois)
- larve du taupin ferrugineux (souches)
- larve de la lucarne cerf- volant
- larve de la hoplie bleue
Soudain, un héron cendré nous rappelle que l’avifaune est riche.
Grâce à Daniel et Maurice, nous avons pu reconnaitre quelques champignons, hôtes de cette forêt alluviale, spécialisés dans la décomposition du bois et des végétaux : polypores, coprins
micacés, moisissures et autres…
Et après avoir évoqué le monde des gros mammifères de la forêt (chevreuils, loutres, blaireaux), nous visitons un talus creusé de nombreux terriers à blaireaux avec des tinettes bien remplies.
Ainsi se termine la visite du site de Chadieu
En conclusion :
Cette forêt est importante :
1 - dans le maintien de la biodiversité :
- coléoptères saproxyliques (40 espèces/20 hectares)
- génétique des essences peuplant la forêt
2 - pour la qualité des eaux car c’est une zone tampon entre la rivière et la zone cultivée (agit sur les nitrates)
3 - pour la protection de l’érosion latérale et le dépôt des sédiments fins contribuant à la formation des sols.
Mais cette forêt est fragile, car elle est menacée par les crues et la dynamique de la rivière, mais aussi par l’action de l’homme (pollution chimique agricole, exploitation des sablières , et également l’enrochement des berges)
Claude Verny.


